"Hé pélerin, où est le chemin ? 

Il n'y a pas de chemin, c'est en marchant qu'on creuse le chemin... "(A. Machado)

MON PARCOURS

Juriste de formation, spécialisé en droit des étrangers et ensuite magistrat pendant plus de dix ans, je suis devenu ferronnier.  Comment un juge belge devient forgeron en Auvergne à 50 ans ? c'est la question qui m'est souvent posée. Je me la pose aussi quelquefois. Mais on pourrait tout aussi bien inverser le raisonnement et se demander pourquoi un forgeron dans l'âme est devenu magistrat. Le cheminement est long et tortueux, et ce n'est pas en quelques mots que l'explication peut être apportée. Ce qui est plus sûr, c'est que je suis devenu forgeron par la fascination du feu, par amour de ce métier qui permet la création et fait découvrir les possibilités insoupçconnées de ce matériau qu'est le fer quand il est chaud. J'ai sans doute aussi été poussé par un besoin plus caché de retrouver certaines racines qui plongeaient loin dans mon passé : une enfance passée notamment à regarder mon père travailler le bois et le fer. Ma route  vers ce nouveau et beau métier de forgeron est l'aboutissement de plusieurs années de travail et d'apprentissage. 

Au début, je ne croyais pas que cela m'amènerait à en faire un autre métier. J'y ai souvent pensé mais sans trop y croire car cela impliquait beaucoup de changements, ainsi que des risques non négligeables tant pour moi que pour mon épouse. Divers événements se sont pourtant chargés d'accélérer le processus : l'acquisition de la maison en Auvergne en 2000 avec à côté les ruines d'une grange et donc un espace pour y construire mon atelier. Après quelques problèmes de santé qui m'ont sérieusement fait réfléchir, et qu'il fallait prendre une nouvelle direction pour que la vie continue à avoir de la saveur, la décision a été prise de vendre notre maison et de quitter la Belgique en 2007. Je ne regrette rien sauf peut-être de ne pas avoir pris la décision plus tôt. Et si l'on me fait remarquer que le métier de ferronnier est dur et difficile, j'acquiesce en ajoutant « comme chaque métier a ses difficultés et ses défis ». Le plus dur est dans la tête et la liberté a un prix...
  

MA FORMATION

Pour devenir forgeron et faire de la ferronnerie d'art, j'ai suivi en Belgique plusieurs formations qui m'ont permis d'acquérir les bases techniques nécessaires à ce nouveau métier : quelques années dans des écoles professionnelles pour y apprendre la ferronnerie artisanale, une formation consacrée aux techniques de soudage, plusieurs stages de forge avec un maître forgeron, une initiation à la création et à la scupture sur métal; ainsi qu'une formation autodidacte en coutellerie, aidé tout de même et soutenu par quelques amis coutelliers qui ont accepté de partager leur "savoir-fer" et m'ont prodigué de nombreux conseils. J'allais oublier une petite formation sur le travail du cuir afin de pouvoir réaliser mes propres étuis pour mes couteaux. Je continue encore aujourd'hui à me tenir informé et à approfondir mes connaissances. Ainsi, je me suis formé à la technique du repoussage manuel, ai suivi une formation sur les patines à chaud  et ai participé jusqu'à aujourd'hui (2015) à divers ateliers qui m'ont permis d'affiner encore mes coonnaissances dans plusieurs domaines comme par exemple la forge de métaux cuivreux, la découpe plasma ou encore le dessin artistique et l'aquarelle.

J'ai aussi beaucoup appris par moi-même en me documentant, en observant et en éprouvant la matière qui ne ment jamais.

Ce parcours, que mon épouse a partagé avec moi et qui me manifeste toujours son soutien, y compris dans les difficultés réelles rencontrées, m'a appris beaucoup et m'a fait découvrir un nouvel et riche univers.

 

le forgeron au travil


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